Le projet a commencé en 2013 par 6 ateliers: – Atelier 1 le 26 janvier : A la découverte du quartier – Atelier 2 le 2 février: Initiation à l’architecture – Atelier 3 le 2 mars: Visites d’immeubles collectifs de logements – Atelier 4 le 11 mars: Mon logement idéal – Atelier 5 le 23 avril: Le vivre-ensemble – Atelier 6 le 5 juin: Découverte des propositions d’un stagiaire en architecture au CLTB

ATELIER 1: A LA DECOUVERTE DU QUARTIER

Cette première journée de découverte collective avait pour objectifs:
– La découverte du quartier environnant
– Le partage et l »échange des ressentis des participants
– L’identification des forces et faiblesses du quartier
-Une premier contact avec le voisinage

Les associations (Bonnevie, le CIRE, Convivence et le CLTB) ont constiué plusieurs groupes qui ont pour mission le repérage d’espaces liés à des thématiques spécifiques (équipements sportifs, espaces publics, etc) pour mettre en avant les forces et faiblesses du quartier. Malgré la neige, les membres étaient nombreux et très enthousiastes de découvrir leur futur cadre de vie.

il était demandé aux participants d’observer l’architecture, les aspects liés à la mobilité, les espaces publics, les espaces verts, les équipements scolaires et sportifs, les commerces, les services sociaux et associatifs et les lieux de culte en vue de donner leurs premières impressions.

Vue de la friche de la gare de l’Ouest. Cette friche de 13 ha qui appartient à la SNCB sera rachetée par la région qui prévoit la réalisation d’un nouveau quartier de logements ainsi que d’un parc.

L’architecture: les familles notent la présences de certaines belles façades dont l’une qui fait penser à une des participantes à la promenade à une maison au maroc avec de petites terrasses et un toit plat. Face à un immeuble classé de l’architecte Diongre, un des participants originaire de Guinée dit que ce bâtiment lui fait penser à une école dans son pays car certaines écoles ressemblent à cela avec des escaliers extérieurs et des coursives. Les participants notent que les boîtes aux lettres sont vandalisées et souhaitent que dans leur futur immeuble elles soient placées à l’intérieur.

La mobilité: les participant-e-s notent la présence de plusieurs stations de métro et d’arrêts de bus aux environs du terrain. Ils signalent qu’ils souhaiteraient la présence d’une station Villo (vélos partagés). A défaut, il faudrait prévoir un espace de rangements des vélos à l’intérieur du bâtiment. Plusieurs femmes du groupe disent ne pas savoir faire du vélo mais qu’elles aimeraient apprendre.

Les espaces publics: la présence d’un petit parc est valorisée mais on déplore qu’il ferme trop tôt. Il y a deux marchés dans le quartier, le mardi sur la Place de la Duchesse et le jeudi sur la place communale et aux environs. Les familles regrettent la saleté de certaines rues avec en particulier des dépôts clandestins et souhaitent vivement une amélioration à cet égard. Elles regrettent aussi le défaut d’aménagement de la place des Etangs-Noirs qui fait plus penser à un parking qu’à une réelle place où on aurait plaisir à se retrouver.

Les équipements sportifs: il faudrait que le terrain de sport soit mieux aménagé et prévoir davantage de sports pour les filles ainsi qu’une plus grande mixité.

Les équipements scolaires: quelqu’un qui connait le quartier signale qu’il y a une offre de formation relativement importante et une école primaire assez proche. L’architecture de certains établissements ne laisse pas penser qu’il s’agit d’écoles.

Les commerces: dans le centre de la commune il y a beaucoup de petits commerces mais au fur et à mesure qu’on se rapproche du terrain, ceux-ci diminuent. Lors de la promenade les futurs habitants découvrent la présence d’une auberge de jeunesse ainsi que le siège social d’Oxfam.

Les lieux de culte: en raison d’une importante population d’origine marocaine, Molenbeek compte nombre de mosquées. A côté de cela, il y a plusieurs églises catholiques et une église orthodoxe.

La visite du projet l’Espoir d’appartements passifs pour des familles à faibles revenus qui a bénéficié de l’accompagnement de la maison de quartier Bonnevie et du CIRE  a représenté un temps fort de la promenade.

ATELIER 2 – INITIATION A L’ARCHITECTURE

Les objectifs de la journée étaient de:
– proposer une introduction au vocabulaire architectural
– permettre aux familles de se familiariser avec des thèmes qui entrent en ligne compte dans un programme architectural
– ouvrir la réflexion sur les spécificités de l’habitat collectif

Une architecte enseignante à l’école d’architecture de la Cambre a projeté un diaporama et organisé un échange interactif avec les membres d’Arc-en-Ciel autour des termes techniques liés à l’architecture, la lecture de plans, etc.

Cet atelier a permis aux familles de se familiariser avec le vocabulaire spécifique de l’architecture et a attiré leur attention sur différentes dimensions pour qu’elles puissent réfléchir à leur futur logement et être à même de donner leur avis sur des projets. Au sein du groupe, il apparaît un souci que les choses soient équitables (que les demandes et desiderata de chacun soient entendus et pris en compte de la même façon, exemple : volonté de certains d’occuper le rez-de-chaussée), une difficulté à se projeter dans quelque chose d’un peu abstrait (la plupart des remarques sont très concrètes) mais aussi une ouverture d’esprit par rapport à des architectures plus contemporaines (peu d’idées préconçues sur les formes).

ATELIER 3 – VISITES D’IMMEUBLES COLLECTIFS DE LOGEMENT

Projet « Bruyn Ouest » à Evere

Projet réalisé par l’architecte Pierre Blondel pour le CPAS de Bruxelles. Opération de construction neuve avec 79 logements passifs répartis dans 5 blocs ainsi que des locaux pour vélos, poussettes, abris de jardins et une salle polyvalente ouverte au quartier. Les logements sont destinés à la location. Projet lauréat bâtiment exemplaire 2009. Les ménages ont pu visiter un duplex au rez de chaussée de 4 chambres et 2 appartements en plein pied de 2 chambres.

 Projet « Rue de Groeninghe – Van Hemelrijck» à Molenbeek.

Projet réalisé pour la société de logements sociaux Le Logement Molenbeekois par le bureau AAC Architecture.
Il s’agit d’une opération de rénovation d’un immeuble classé de l’architecte Joseph Diongre.
L’ensemble compte aujourd’hui 28 logements situés autour d’une cour commune.

Projet « L’Espoir » à Molenbeek

Il s’agit d’une construction neuve terminée en 2010 qui compte 14 logements passifs vendus à des familles à faibles revenus. Les copropriétaires ont été impliqués dans le projet depuis ses débuts en collaboration avec la Maison de Quartier Bonnevie et le CIRE. Le projet a été lauréat du concours  des Bâtiments exemplaires en 2008, la construction se compose d’une série de 7 appartements duplex superposés avec une ossature bois pour les duplex d’en haut côté rue et d’en bas côté intérieur d’îlot. Le groupe a visité un duplex au rez de chaussée avec 4 chambres et un jardin. Certain-e-s avaient déjà vu le bâtiment lors de la visite de janvier, d’autres n’avaient pas pris part à cette visite.

Lors des visites et du debriefing, les participants au projet ont été consultés sur plusieurs aspects: le partage des espaces, l’impact sur le quartier, l’image du bâtiment, l’organisation du logement, la qualité du logement, les économies d’énergie.

Les commentaires formulés précisent les préoccupations formulés lors de l’atelier précédent. Les préoccupations prioritaires évoquées sont:

Economique : les familles se sont prononcées en faveur du passif.
L’installation de production d’eau chaude collective (chaudière à haut rendement et boiler solaire) a été appréciée pour des raisons de rentabilité.
Cependant le confort (plage horaire) à l’usage, la gestion et le partage du paiement est évoqué. Des questionnements vis-à-vis de la gestion  de la ventilation mécanique contrôlée  individuelle  et de son fonctionnement sont aussi mis en avant. L’ascenseur est apprécié pour assurer une occupation à long terme des habitants mais ils sont préoccupés par le coût d’installation ainsi que les charges pour l’entretien. Le coût de la pollution et le financement pour cette opération est également source d’appréhensions pour les familles.

Cohabitation : les espaces partagés renforcent les liens. Le problème de l’acoustique est évoqué comme source de conflit possible pour lequel il faut trouver une solution technique et architecturale adaptée.

Image : l’image de la rue est importante. Elle est directement liée aux solutions architecturales proposées, les matériaux et la teinte.

Organisation du logement : l’habitation en duplex est préférée par la plupart des familles.

Sécurité : les membres d’Arc-en-ciel sont très sensibles aux questions liées à la sécurité parce qu’ils vont vivre en famille et veulent s’assurer que leurs enfants grandiront dans des conditions optimales. Cette préoccupation est aussi corrélée aux expériences actuelles que les familles font de leur logement. Les entrées limitées et sécurisées sont évoquées ainsi que des espaces pour les adolescents.

ATELIER 4 – MON LOGEMENT IDEAL

L’objet de l’atelier suivant marque un pas supplémentaire vers l’élaboration des recommandations reprenant les souhaits des familles. Intitulé « mon logement idéal ».
Il a été demandé à chacun de réfléchir au logement de leur rêve de ramener un support à partager avec les autres (texte, collage, plan, maquette, dessin…).
L’objectif étant d’identifier les besoins spécifiques de chaque famille à partir de son « projet de logement ». Cet atelier devait lui permettre de présenter ses aspirations à l’ensemble du groupe. Le logement: « c’est un rêve ».

Lors de cet atelier, les membres d’Arc en Ciel ont exprimé leurs souhaits par rapport à leurs futurs logements.

Après avoir visité différents projets, ils ont eu comme tâche de réfléchir individuellement à leur propre logement et de réaliser un support pouvant servir à préciser leurs idées et besoins. Chacun a présenté son logement idéal sur base de plans, de maquettes, collages ou de textes au reste du groupe.

L’atelier a permis une meilleure reconnaissance de chacun par rapport à ses propres besoins et envies et a renforcé la cohésion du groupe.

ATELIER 5 – LE VIVRE ENSEMBLE

Les objectifs de l’atelier
– Réfléchir ensemble aux spécificités de l’habitat collectif
– Penser ce que le groupe souhaite ou non faire ensemble
– Réfléchir à la traduction spatiale et concrète des volontés du groupe pour le programme architectural

La méthodologie
-Présentation d’un diaporama sur les différentes facettes que le vivre ensemble peut revêtir
-Réflexion en sous-groupes avec hiérarchisation des dimensions importantes pour le groupe
-Échange collectif sur les discussions menées en sous-groupes.

Se connaître entre entre voisins

Les membres d’Arc-en-Ciel mettent l’accent sur le besoin de continuer à apprendre à se connaître au sein du groupe mais aussi avec le quartier à travers des momentsconviviaux. Les jeunes par exemple aimeraient organiser des sortiesentre eux avant d’habiter ensemble. Ils imaginent également organiser de grandsrepas entre voisins par exemple une fois par mois. Une bonne connaissance entre familles est un facteur qui favorise le sentiment de sécurité. La sécurité est une préoccupation importante pour les familles. L’idée d’une porte dont l’accès serait limité par un code ou un badge a été abordée. Le respect nécessaire à la vie collective est souligné par les familles (propreté,nuisances sonores,etc). Des activités liées à la connaissance des différentes cultures qui cohabitent au sein du groupe Arc-en-Ciel  comme une journée sur les habits traditionnels des pays d’origine par exemple ou encore le partage de recettes de cuisine de spécialités « venues d’ailleurs » sont envisagés.

Développer des contacts avec les voisins du quartier

Les familles souhaitent s’intégrer dans le quartier en organisant des activités, des moments de fête ou d’actions pour le quartier (par exemple en lien avec la propreté). Les participants veulent préparer l’arrivée dans le quartier dès maintenant en rencontrant les « figures » locales comme les commerçants ou les associations. Ils pensent qu’une première étape est de présenter le projet aux voisins, d’échanger et d’anticiper sur les inquiétudes éventuelles desriverains. Des espaces qui ne concernent pas le logement sont imaginés pourdévelopper des activités utiles pour les habitants et le quartier. Par exemple des activités économiques ou de service comme une crèche, un cybercafé, etc les familles soulignent le fait que les activités doivent être réfléchies et choisies (exemple d’un garage automobile qui serait source de nuisances sonores pour les habitants).

Apprendre de ses voisins

Différentes activités collectives ont été citées : école de devoirs que les jeunespourraient assurer pour les plus petits, échanges interculturels, etc. Ces échanges de savoirs pourraient être organisés spontanément et bénévolement par les habitants qui veulent faire des choses ensemble.

Faire des économies en partageant des choses

Le groupe envisage de se renseigner sur les tarifs qui peuvent être proposés pour une installation collective d’internet, de la télévision et du téléphone par exemple. De la même façon, une organisation collective pour l’entretien et le nettoyage des espaces communs peut être mise en place afin de réduire les charges de la copropriété.
L’idée d’une camionnette collective est appréciée par plusieurs groupes, notamment pour les déménagements, l’achat de meubles ou les courses. Les familles proposent qu’une tontine soit créée pour permettre la réalisation de projets personnels sans avoir à solliciter les banques.

Décider ensemble

Les futurs propriétaires pensent qu’il est important de continuer à décider ensemble en étant impliqués lors des réunions. Les jeunes veulent s’investir dans les décisions collectives sur les points qui les concernent et aimeraient être sollicités dans ce cadre-là. Ils proposent également de représenter leurs parents si ceux-ci ne sont pas disponibles. Pour décider ensemble, la communication est un élément essentiel. Les familles mettent l’accent sur des prises de décision collégiales, dans le respect des opinions de chacun.

Travailler ensemble

Il est proposé d’élaborer un répertoire des compétences de chacun.  Une gestion collective du nettoyage des communs est proposée. Un groupe propose que
des journées d’action où les habitants travaillent ensemble dans le bâtiment soient mises en place.

Ensemble on est plus forts pour revendiquer une ville plus juste

« L’union fait la force ». En cas de difficulté, les familles envisagent d’échanger collectivement et de réfléchir ensemble aux actions qui pourraient être entreprises (par exemple rédiger une lettre collective qui pourrait être soumise aux pouvoirs publics). Agir ensemble pour améliorer la vie du quartier, de la commune. 

ATELIER 6 – DECOUVERTE DES PROPOSITIONS D’UN STAGIAIRE EN ARCHITECTURE AU CLTB

Le 5 juin 2013, les familles ont découvert les propositions d’un stagiaire architecte au CLTB quant aux possibilités d’aménagement du jardin collectif et de son articulation sur le quartier.
Lors de cette séances, les familles ont pu exprimer quels étaient leurs souhaits par rapport à cet espace.

Les maquettes indiquent 3 différentes possibilités de lien entre le jardin collectif et l’extérieur du plus ouvert au plus fermé.

Première maquette – jardin collectif des habitants largement ouvert sur la rue Etangs Noirs et accessible par une petite entrée rue Vandenpeereboom

Deuxième maquette – jardin collectif accessible par une petite entrée à chaque front de rue

Troisième maquette: entrée uniquement accessible par l’une des rues

Poursuite de la réflexion concernant le jardin

En septembre, les familles se sont retrouvées pour découvrir d’autres maquettes préparées par le stagiaire architecte sur le jardin et son rapport avec l’extérieur ainsi que à ce que pourrait ressembler les bâtiments.
Ces maquettes ne représente pas le futur projet, elle se veulent juste une source de réflexion et d’inspiration de ce qui pourrait être fait.

Les familles ne s’étant guère montrées emballées quant à l’accès du quartier à leur jardin collectif, le stagiaire architecte a imaginé un projet avec un jardin collectif fermé – à l’usage exclusif des habitants donc – entre les deux bâtiments (en blanc) et un jardin ouvert sur le quartier à front de la rue Etangs Noirs. Le gros désavantage de cette option comme on peut le voir sur la maquette est qu’elle réduit très nettement la partie de jardin dont les occupants d’Arc-en-Ciel pourraient disposer en privatif.

 
Finalement, vu la réticence des familles par rapport à toutes les possibilité de lien de leur jardin avec le quartier, le jardin réservé exclusivement aux habitants est ce qui a stipulé pour le marché public.
Différentes vues de la parcelle
 
 
Le mur du terrain et la petite maison vus depuis la rue Vandenpeeremboom (Street Map)
 
Plan d’implantation du terrain
En rouge, le terrain vu du ciel

La petite maison qui est le lieu de rendez-vous pour les réunions d’Assemblées Générales et de Comité de Suivi sera détruite lorsque le chantier commencera.