Les recommandations formulées sont le résultat des réflexions qui ont été menées au sein du groupe des futurs habitants réunis en association de fait « Arc en Ciel » entre janvier et juin 2013 et validées collectivement lors d’un atelier spécifique le 27 mai 2013.
Ces recommandations enrichissent le projet–pilote CLT qui sera réalisé par le Fonds du Logement et ont pour but de « personnaliser » le cahier des charges d’adjudication dans la même démarche participative que celle qui a été menée avec les familles de l’Espoir pour le projet Rue Fin.
Ce document constitue une synthèse et reprend les propositions et préoccupations dominantes liées au logement qui sont ressorties lors des ateliers organisés par Le CLT et les associations partenaires Le Cire, Convivence et Bonnevie.
Pour prendre connaissance, de façon plus détaillée du déroulement de ces ateliers nous vous invitons à consulter les procès-verbaux des ateliers ci-joints.
Les préoccupations principales des futurs habitants sont :
- ECONOMIES
- ORGANISATION DES ESPACES INTERIEURS (TYPOLOGIE)
- ESPACES EXTERIEURS
- COHABITATION
- IMAGE
Les familles d’Arc-en-Ciel insistent sur le fait que le projet proposé doit leur offrir un cadre de vie de qualité, économe à l’usage et durable, dans un budget accessible à tous.
« Avec le temps on va bien s’habituer au système passif, on voit qu’il ne fait pas froid et l’air n’est pas toxique» (Atelier 3) |
Economies de chauffage : Les familles font référence au mode de construction passif, tout en exprimant leurs craintes vis à vis de ce système encore très peu connu mais obligatoire en Région Bruxelloise à partir de 2015. Elles mettent l’accent sur leur confort intérieur qui doit être assuré notamment par des équipements performants, économes, faciles à l’usage et à l’entretien. Ces équipements doivent être le plus compact possible afin de réduire l’encombrement des surfaces Les corps de chauffe doivent être placés à des endroits stratégiques afin d’assurer au mieux le confort thermique.
Economies d’énergie : ont été évoquées les solutions visant la récupération de l’énergie solaire pour la production d’eau chaude et de l’électricité. Il est souhaité que les installations puissent répondre aux besoins des utilisateurs, qu’elles soient faciles à l’usage et à l’entretien. Les installations doivent contribuer au confort de chacun et éviter des problèmes de gestion.
Economies d’eau : Les futurs propriétaires ont émis le souhait de disposer d’équipements leur permettant de réaliser des économies d’eau. Ils ont évoqué la possibilité de récupérer l’eau de pluie et les eaux usées pour leur usage domestique. L’installation doit pouvoir répondre aux besoins des futurs utilisateurs dans la limite des capacités possibles sans pour autant amener à des surcoûts.
Durabilité : Les matériaux de construction choisis doivent être résistants, afin d’éviter un entretien excessif et une dégradation précoce du bâtiment. La configuration du bâtiment, les matériaux et équipements proposés ne doivent pas amener à des surcoûts inutiles. Les matériaux de finition intérieure doivent être de qualité et écologiques. La plupart des familles a évoqué le carrelage comme revêtement au sol dans les pièces humides (cuisines et salle de bains).
Parabole : La solution des paraboles communes a été évoquée comme solution économique et esthétique.
« Il faut des matériaux solides» (questionnaire) |
Ascenseur : La présence d’un ascenseur est souhaitée afin d’assurer l’accessibilité aisée aux logements pour les « vieux jours » mais aussi pour certaines personnes qui ont des difficultés de mobilité compte tenu d’un handicap ou problème de santé.
Le choix d’un éventuel ascenseur devra tenir compte autant de son coût d’entretien que de son budget d’achat. Une hypothèse pourrait être d’équiper seulement l’un des deux immeubles.
L’architecture (les matériaux, le mode de construction et la forme) du bâtiment influence le coût global de l’opération mais aussi la possibilité pour les futurs occupants de s’approprier leur logement et d’augmenter leur qualité de vie.
Il est essentiel de concevoir un cadre de vie de qualité qui réponde aux besoins des futurs acquéreurs et qui favorise le bien-être dans un budget déterminé, en accord avec les enjeux climatiques de notre société.
« Un coût de construction raisonnable pour avoir des mensualités tenables» (questionnaire) |
Le bureau d’étude doit concevoir le projet de manière à permettre à l’utilisateur d’interagir avec les dispositifs mis en place. L’installation d’équipements les plus simples et compréhensibles possibles est souhaitée. Les équipements proposés doivent être les plus avantageux et les plus adaptés pour les familles.
- ORGANISATION DES ESPACES INTERIEURS (TYPOLOGIE)
Le groupe d’acheteurs comporte un nombre important de familles nombreuses. Ceci implique des habitations de grandes surfaces. La majorité des familles imagine que ces logements pourraient être répartis sur deux niveaux, tel un duplex.
L’avantage des duplex est, pour la majorité, la disposition idéale pour :
- une emprise au sol réduite, ce qui permet d’augmenter le nombre de logements
- séparer l’espace jour de l’espace nuit (séparation espace enfants et espace parents)
- réduire les nuisances sonores vis à vis des voisins et au sein du logement (plancher intermédiaire)
- avoir plus d’intimité
« Le duplex c’est bien pour pouvoir faire ce qu’on veut sans avoir peur de déranger les autres» (Atelier 3) |
- une cohabitation intergénérationnelle plus aisée, surtout si une chambre avec salle de bain est prévue à un étage différent des autres chambres.
La plupart des familles a émis le souhait de pouvoir disposer d’une salle de bain et d’une salle de douche. Certaines imaginent une salle de douche directement reliée à la chambre parentale.
Pour les familles nombreuses la question du rangement est essentielle tant dans les espaces privés que dans les communs afin d’éviter l’encombrement des espaces de circulation. Des placards intégrés sont indispensables dans les appartements et, pour la plupart, avoir une cave ou un débarras est souhaité.
« Ce serait bien d’avoir un espace de rangement pour les manteaux, les chaussures…» (Atelier 4) |
La cuisine est un espace important lié au mode de vie spécifique de chaque famille. Pour certaines, cet espace doit être considéré comme pièce à part entière. D’autres imaginent cet espace ouvert sur la salle à manger pour ne pas être exclues des autres et proposent des portes coulissantes comme élément de séparation.
Les familles tirent plus d’avantages avec des pièces à angles droits qui sont plus faciles à aménager et sans perte de place.
Le projet architectural doit répondre à la volonté prioritaire du nombre suffisant de logements et de leur qualité (intimité, confort..). Ces préoccupations trouvent globalement une réponse dans l’organisation en duplex. Le projet proposé doit pouvoir permettre aux familles d’adapter l’organisation et la communication de certains espaces selon leurs souhaits. Il doit également tenir compte des demandes répétées de zones de rangement (débarras, placards…). La demande est également très forte quant au soin à donner au respect de l’intimité des membres des familles.
- ESPACES EXTERIEURS
« Un jardin avec une balançoire pour les enfants et un barbecue » (atelier4) « Quand on a des enfants c’est bien d’avoir une terrasse pour qu’ils respirent un peu quand on n’a pas le courage de sortir |
Les futurs acquéreurs estiment qu’il est important que le logement dispose d’un espace extérieur privé, tel qu’un balcon ou une terrasse. Conscientes du potentiel limité du terrain les familles imaginent aussi des espaces extérieurs partagés comme un jardin collectif, plutôt que des jardins individuels, ainsi qu’une grande terrasse commune en toiture (voir Chapitre COHABITATION).
La qualité des espaces est liée à la lumière et la possibilité d’avoir un espace extérieur en lien avec les espaces de vie.
Ceci favorise aussi le contrôle des enfants et des jeunes et engendre des espaces conviviaux où il fait bon vivre.
Les espaces extérieurs privés constituent un prolongement du logement vers l’extérieur et un lien avec la rue. En ce sens, ils enrichissent la qualité de l’habitat.
En complément, des espaces de jardin collectif et/ou terrasse commune renforcent, quant à eux, la cohabitation. Ces espaces permettent d’accueillir des activités diverses et leur présence est indispensable pour la vie collective du projet et le lien avec le quartier.
- COHABITATION:
« Un espace pour ranger les poussettes c’est bien mais à l’intérieur du bâtiment» (atelier 3)
« Il faut vraiment une bonne isolation acoustique, on a beaucoup d’enfants, on ne veut pas déranger les voisins » (atelier 4)
« La salle polyvalente doit relier les deux immeubles et avoir un point d’eau pour pouvoir préparer des repas et avoir une toilette pour les fêtes » (atelier 5)
« Une seule entrée parce que du point de vue de la sécurité c’est plus facile à gérer » (questionnaire)
« La cohabitation est l’essence même du bien-être. C’est ensemble qu’on est plus forts et ce projet le démontre bien. Il est donc nécessaire de conserver cette ambiance bon enfant au travers d’autres projets (ex. salle polyvalente) quand les appartements seront là » (questionnaire)
Ces remarques concernent la configuration des entrées, les circulations, les espaces de rangement communs, l’isolation acoustique et, de façon générale, tous les espaces que les familles souhaitent partager.
L’ensemble des familles estime qu’il est nécessaire de prévoir des espaces spécifiques pour renforcer leurs liens. Les espaces collectifs sont ressentis comme essentiels pour la réussite de leur cohabitation future.
Les futurs propriétaires évoquent le souhait d’un jardin collectif pour le groupe ainsi qu’un espace commun, tel qu’une salle polyvalente, où peuvent se tenir des réunions, des fêtes…
Cet espace polyvalent doit être imaginé comme élément de liaison entre les deux bâtiments, afin de renforcer la cohésion du groupe.
Les familles imaginent aussi pouvoir rentabiliser cet espace pour constituer un fonds de réserve et y installer des activités nécessaires au quartier (école de devoir…) et évoquent même la possibilité de créer de l’emploi pour des personnes du groupe.
Le jardin collectif doit pouvoir accueillir des jeux pour les enfants et un barbecue pour les habitants.
Un autre espace qu’ils se voient partager est une terrasse en toiture, bien exposée, comme lieu de détente et de jeu.
Les familles souhaitent disposer d’une entrée principale sécurisée par bâtiment. Ces entrées ainsi que les circulations intérieures sont perçues comme lieux de rencontre et d’échange.
Les longs couloirs sont ressentis, quant à eux, comme source de conflits, liés au bruit notamment.
Un local spacieux, sécurisé et facile d’accès est à prévoir pour les poussettes et vélos.
L’architecture contribue sans conteste au bon déroulement de la cohabitation. L’architecte est donc aussi responsable d’une entente durable dans un cadre de vie adapté. L’auteur du projet devra trouver des solutions pour permettre aux familles de matérialiser la convivialité qu’elles souhaitent tout en étant attentif à la sécurité et à la gestion de ces espaces ou équipements.
Lors de la conception il faudra tenir compte de :
Local de réunions / ou de fêtes : c’est un souhait pour la majorité, sous réserve de son coût de réalisation et de l’espace disponible. Cet espace collectif doit favoriser la rencontre des familles des deux bâtiments, afin de consolider et renforcer les liens entre elles, mais aussi permettre d’y accueillir des activités en lien avec le quartier. Une attention particulière doit être portée sur l’accès à l’espace communautaire afin d’en faciliter le contrôle et la gestion par les ménages.
Jardin: il doit être imaginé comme un espace de rencontre pour les habitants et espace jeu pour les enfants.
Sécurité : l’accent est mis sur la sécurisation des accès.
Entrées principales à rue: par immeuble c’est la configuration considérée comme idéale pour la majorité. Des entrées individuelles à rue pour une partie des logements pourraient être imaginées.
Cage d’escalier commune: la configuration des entrées de chaque appartement ne doit pas amener de source de conflits internes dus à des nuisances sonores (coursives – résonance) ou à l’entretien…
Rangement : les poussettes, vélos doivent trouver un espace sécurisé et facile d’accès.
Isolation acoustique: La présence de nombreux enfants au sein du groupe implique une insonorisation efficace entre unités de logements et communs.
- IMAGE
« Grande porte commune pour aller vers les différents logements » (atelier 1 groupe enfants)
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Lors de la découverte du quartier les familles ont pointé l’image négative de certains logements sociaux construits dans le passé.
Pour les familles, les choix architecturaux et économiques faits par l’auteur du projet lors de la conception ne doivent pas l’être au détriment d’un cadre de vie de qualité.
Les familles se voient vivre dans un bâtiment de taille mesurée et considèrent que la disposition de leur terrain répond parfaitement à cette volonté, étant donné qu’il est possible d’y construire deux immeubles le long des deux rues.
Elles ressentent le besoin de contribuer à l’image du quartier et imaginent leur projet comme un élément phare. Elles souhaitent voir réaliser une façade à l’image de leur groupe, « spéciale et unique ».
« 30 ou 35 familles dans un seul bloc c’est beaucoup. Si c’est possible plutôt partager en deux bâtiments. 35 familles dans un même bloc c’est comme un logement social » (Atelier 2)
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Cette façade est perçue comme moderne, claire et joyeuse et constituée de matériaux écologiques et durables, et faciles d’entretien.
« Il faut des pièces très lumineuses et le salon doit avoir de grandes fenêtres avec une vue agréable » (atelier 4)
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Lors de la conception, l’architecte doit pouvoir amener des solutions créatives pour répondre à la question de la sécurisation des entrées et la préservation des boites aux lettres.
Les familles imaginent des grandes fenêtres pour pouvoir avoir beaucoup de lumière. La thématique de la lumière est liée à celle des vues et du contact visuel avec l’extérieur.
« Je préfère l’architecture moderne » (atelier 3)
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L’élargissement du trottoir et le recul de la façade par rapport à la rue Vandenpeereboom sont considérés par les familles comme une solution possible pour sécuriser les logements du rez-de-chaussée.
En outre, les familles proposent de prévoir une seule entrée pour le parking sur la rue Vandenpeereboom afin de ne pas augmenter la circulation dans la Rue des Etangs Noirs et ainsi augmenter la surface disponible pour la réalisation des logements.
Le bâtiment à concevoir doit être à l’image des futurs propriétaires. Il a un rôle de signal urbain dans un quartier en pleine évolution. Par son architecture l’immeuble doit contribuer à embellir la rue.
Cette image doit également refléter positivement la qualité d’habitat des logements, à travers de larges ouvertures ménagées dans les façades, laissant passer la lumière et les vues.
Le bâti doit montrer la clarté et la joie, sans l’aspect morose, négatif, parfois attribué à d’anciens immeubles de logement.
